Une saison cycliste est souvent longue. Les périodes d’entraînements et de compétitions s’enchaînent sans relâche. La fatigue augmente, la motivation diminue et l’envie de décompresser et de souffler se fait ressentir. C’est le moment de faire un « break » et d’observer une coupure.

L’organisme est soumis à des charges d’entraînement importantes tout au long de la saison. L’objectif est donc de récupérer physiquement. De moins solliciter ses muscles, ses tendons et ses ligaments pour soigner les micro-traumatismes.
Cette période est également propice pour réaliser un bilan médical (check-up), souvent mis de côté durant la saison. Prise de sang, soins dentaires (caries et tendinites sont étroitement liés) et bilan postural pourront être au programme.
Le bilan postural permet de rétablir les déséquilibres musculo-squelettiques et de libérer les tensions. Les chutes peuvent créer des traumatismes, mais pas seulement. Bien que le cyclisme soit un sport dit « porté » (pas de contraintes de réceptions et d’impulsions à la différence de la course à pied), la position sur le vélo varie très peu et le geste cyclique de pédalage est reproduit plusieurs milliers de fois, ce qui peut favoriser l’apparition de déséquilibres qu’il faut alors prendre le temps de corriger.
Loin des contraintes et des implications liés à l'entraînement, la coupure permet également de réaliser une bonne récupération mentale.

Combien de temps doit durer ce break ? Coupure rime-t-elle avec inactivité ?
La durée de la coupure dépend du déroulement de votre saison, de vos charges d’entraînement et du degré de votre saturation mentale. Sa durée est propre à chacun. Il n’y a pas de durée « type ». Elle doit être suffisamment longue pour vous laisser le temps de décompresser, mais pas trop pour éviter de diminuer vos capacités physiques.
Toutefois, on constate en général que pour un compétiteur la coupure est plutôt courte (environ 10 jours), alors que pour un cycliste amateur elle peut durer de 3 à 4 semaines.

Même s’il est recommandé d’observer quelques jours de repos complet durant les premiers jours (maximum 1 semaine), coupure n’est pas synonyme d’inactivité. Il est ensuite conseillé de reprendre progressivement « des activités.” C’est l’occasion de laisser votre vélo au garage et de troquer votre casque contre une paire de raquettes, un maillot de bain ou des baskets. Le cyclisme demande de nombreuses heures d’entraînement et en saison il est difficile de trouver le temps de pratiquer d’autres activités physiques. Il faut donc en profiter, sans contraintes et au gré de vos envies : ballade en famille, roller entre amis, escalade, etc. Il n’y a pas de limite.
Cela vous permettra, outre les effets psychologiques, de mobiliser d’autres muscles peu sollicités sur le vélo et de garder une stimulation cardio-respiratoire pour ne pas repartir de zéro une fois la coupure terminée.
Le cyclisme est un sport qui demande une hygiène de vie irréprochable. C’est un sport porté ou l’importance du poids traduit en watts par kg parle de lui-même. Le régime alimentaire est plutôt strict tout au long de la saison. Se laisser un peu plus de liberté à ce niveau-là fera également du bien au moral.
Mais attention, n’oubliez pas que vous diminuez votre charge d’entraînement, il faudra donc adapter votre ration alimentaire en conséquence. Il est préconisé de se laisser une marge de 2 à 3 kg par rapport à son poids de forme, au-delà il sera difficile et contraignant pour l’organisme de retrouver ce fameux poids de forme.

La coupure peut également être planifiée durant de la saison. Elle durera alors moins longtemps que la coupure de fin de saison.
Une saison cycliste est généralement divisée en 2 (voir 3) grandes périodes d’objectifs. Il est possible de planifier une semaine de coupure après chaque période d’objectifs. La coupure vous permettra ainsi de récupérer et de décompresser afin de ré-attaquer la période de préparation suivante au meilleur de votre forme.
Il ne faut pas avoir peur de perdre ses capacités physiques en s’accordant une semaine de vacances sans vélo. Au contraire ! Cela permet d’éviter le surentraînement et de repartir motivé pour la suite de la saison.

La coupure de mi-saison et la coupure de fin de saison : OUI ! Elles permettent de conserver de la « fraîcheur » physique et mentale et ainsi d’enchaîner les saisons sans risque de surentraînement, de blessures et de lassitude.